Parlons de la dysmorphophobie…

La dysmorphophobie ou dysmorphobie, est une maladie psychologique où le corps tient une place importante. Pourquoi est-ce que je vous parle de ça ? Parce que j’en souffre. A un degré léger. Mais j’en souffre réellement. J’ai appris à lutter contre cette maladie. J’ai envi de vous en parler. Et peut être réussirez-vous à mieux me connaître.

En quelques mots qu’est-ce que la dysmorphophobie ? En dehors d’être un mot barbare, c’est une phobie (au même titre que toutes les autres phobies qui existent), ou encore une obsession. En ce qui me concerne, je parle d’obsession. L’obsession d’être difforme. La peur d’être différente des autres. Cette obsession se focalise sur un détail, parfois insignifiant d’une personne (un bourrelet, les yeux, les cheveux, la peau). Tout est prétexte à une obsession. La personne qui va souffrir de cette obsession va intérieurement amplifiée cette « difformité » jusqu’à ce que celle-ci l’obsède totalement. Cela peut déclencher des crises d’angoisse, pour mener jusqu’à une désociabilisation totale de la personne.

Dans mon cas, je souffre d’une forme légère de cette « maladie » (cela concerne plus de la majorité des personnes souffrant de cette obsession). Et selon quelques études (et il y en a très peu sur le sujet) 2% de la population serait concernée. Lorsque je dis que j’en souffre de façon légère, c’est que l’obsession dont je souffre ne m’empêche pas d’être une personne sociable (voire peut être même trop), et de paraître bien dans ma peau. Mais comme je le disais dernièrement à un ami, ce que je laisse paraître aux autres est parfois en totale contradiction avec ce que je suis réellement. Et c’est là que les gens ne me comprennent plus. Je semble être une jeune femme bien dans ma peau, extravertie, clamant qu’elle n’a pas de complexe. Alors que la réalité, à l’intérieur de ma tête est tout autre. Vous me répondrez « mais ce ne sont que des détails, des complexes, alors que Les’ tu es très bien comme tu es ! ». J’aime que l’on me dise cela… Mais je ne l’entends pas de cette manière.

Dans la société dans laquelle nous vivons l’apparence a une place prépondérante dans tout ce que nous entreprenons. Cela va d’un simple rendez-vous d’embauche, à une rencontre avec un inconnu. Nous sommes en permanence jugés sur la façon dont nous nous comportons et sur notre apparence. Il faut s’en foutre ? Ce n’est pas si facile que ça. Les médias nous martèlent et nous harcellent de publicité proclamant les avantages de la minceur, de la beauté… On nous dis que tout est possible, si on s’en donne les moyen… Donc si vous n’êtes pas parfait, c’est de votre faute. Comment voulez-vous que les gens ne complexent pas par la suite ?

Pour ma part, je ne sais absolument pas d’où provient exactement cette obsession. J’ai ma petite idée cependant. Au cours de mon adolescence, après une période de laissé allé, de dépression et de rejet de mon image, j’ai pris du poids. Je ne suis pas devenue obèse, mais j’étais boulotte. Je n’avais plus confiance en moi (chose qui je dois l’avouer me fait encore et toujours cruellement défaut). Et puis je me suis reprise en main. J’ai recommencé la danse. J’ai perdu du poids. Jusqu’à devenir trop maigre, mais pas anorexique. Le problème c’est que bien que mince, je garde gravé en mémoire l’image de moi avec mes grosses joues et mon apparence boulotte. J’ai ainsi besoin en permanence de me rassurer en me regardant dans un miroir pour me rappeler à quoi je ressemble. Cela vous fait peut être sourire. Mais je vous assure que cela peut déclencher en moi de grand mouvement d’angoisse et de panique. Ainsi mon obsession première est ma silhouette, ce qui déboule sur mon obsession du poids. Toujours envie d’en perdre, plus, toujours plus.

Une autre de mes obsessions est : ma peau. Plus particulièrement celle de mes jambes. Je n’entrerai pas dans les détails, mais ceux qui me connaissent, savent qu’ils ne m’ont quasiment jamais vu en jupe, robe, short ou autre vêtement dévoilant mes jambes. Aller à la piscine un vrai calvaire. Je trouve que ma peau est trop sèche, et j’ai trop de cicatrice et autre marques sur les jambes pour me permettre de la dévoiler au grand jour.

Le problème du dysmorphophobique est qu’un détail (comme ici mon problème de peau) semblant insignifiant aux autres, est une obsession pour la victime qui pense que tout le monde remarque ce détail, et se moque d’elle. C’est mon cas. J’en suis navrée. Mais je le reconnais. Cette peur d’être jugée par les autres me tétanise…

De là découle une autre de mes réflexions. Et si finalement je faisais le pitre pour détourner l’attention des gens de mon physique ? Et si, je me servais de mon humour (parfois douteux) pour faire illusion ? C’est probable mais je n’ai pas de réponse.

Toujours est-il que beaucoup d’entre vous sont surpris d’apprendre que je fais parti de ces 2% de la population souffrant de cette maladie psychologique. Je ne parais pas en souffrir simplement parce que j’ai accepté, que je préfère ne pas y penser, et que j’ai trouvé des subterfuges pour ne pas voir ces détails qui m’obsèdent… Mais cette obsession reste bien présente malgré tout. Comme je vous l’ai dis, je ne parais pas, ce que je suis vraiment.

Si cela vous intéresse sur le sujet allez ici et ici.

10 réflexions sur “Parlons de la dysmorphophobie…

  1. Il est clair que tu n'es pas la seule personne dans ce cas, loin de là. Je pense clairement que ce type de trouble est la résultante des pressions exercées par l'environnement qui nous entoure. Je pense bien sur en premier lieu aux médias et les standards de perfection physique avec lesquels ils nous matraque. Ca me rappelle un passage du film bowling for columbine, dans lequel Marylin Manson (un artiste que j'apprécie au passage) explicait comment les médias influençait les personnes et les poussaient à la consommation – par la peur – de manière intense. Du style « si t'as des boutons, t'es moche, personne voudra de toi donc cours vite acheter ton Biactol pour être dans le moule ».

    Après, la question à se poser est comment vivre avec ses imperfections, les accepter, et être bien dans ses baskets de surcroit. C'est pas facile je te l'accorde, moi même j'ai souvent en tête cette objectif d'atteindre un certain poids, de « gommer » certains défauts physique. Pire encore, je rentre machinalement mon ventre tous les matins dès que je sors de chez moi …
    Et le truc le plus horrible c'est que quand tu constates des progrès, tu vois que les filles /garçons s'intéressent plus à toi, tu es plus attractif(ve), et c'est finalement un cercle vicieux dans lequel on s'inscrit.
    Bon après c'est pas comme si on était handicapés, malades, ou qu'il nous manque une jambe ou un bras. Je préfère personnellement relativiser et me dire qu'il toujours pire que soi, et qu'au final ce petit bidon, à moins d'une grève de la fin ou d'un ver solitaire, je me le trimbalerai toute ma vie!

    A bon entendeur :)

  2. @nic': très jolie commentaire, plein de justesse. Je suis du même avis que toi, que les médias sont pour une grande part dans les troubles du comportement chez les gens. En nous martélant de photos parfaites (grâce à la retouche photoshop) nous culpabilisons de ne pas posséder cette perfection. Et cela joue sur la culpabilité de chacun. Personellement je ne me sens coupable de rien… mais j'ai toujours eu cet espèce d'idéal de minceur infinie… le pire c'est que je sais que cela ne plait pas aux mecs… moi qui pourtant les aime tant!
    Il est vrai qu'il faut relativiser. Qu'il y a beaucoup plus malheureux que soit. Mais cela ne sert à rien non plus de faire culpabiliser les gens d'avoir ce qu'ils ont! On ne choisis pas… c'est la nature qui le fait… ensuite tout est question d'acceptation… et c'est là que le bas blesse.

  3. Et je confluerai en citant ceci :

    Accepte-toi toi-même d'abord, accepte tout ce que ton être comporte, ses richesses et ses pauvretés ; accepte d'agir tel que tu es : accepte ton lot.

    Gustave Desbuquois

  4. oua nic j'aime bien t'as dernière citation, mais c'est tout de même dur, je pense qu'on trouve toujours un truc à ce reprocher, ou un truc qui va pas, qui pourrait etre mieux…
    enfin de la façon dont tu l'as expliqué, je crois que moi aussi je doit etre dysmorphophobique :p !!
    enfin bon par contre j'vais pas dire pourquoi sa serait trop long !
    bref Leslie t 'es pas seul dans ce cas ;)

  5. Alors je tiens à vous faire remarquer une chose. Vous êtes complexés, et non pas dysmorphophobique. Pourquoi? Pour une simple question de définition.
    Un complexe est un « défaut » réel que nous avons… des détails qui sont différents de la « normalité » que l'on tente de nous faire croire.
    La dysmorphophobie a l'inverse, est un trouble psychologique qui fait que la personne a une vision faussée de la réalité du à un trouble intellectuel. Les anorexiques entrent dans le champs de dysmorphophobique aïgue, elles se voient grosses alors qu'elles ne le sont pas.
    Toute la nuance est là. La dysmorphophobie est totalement imaginaire. Un complexe est plus réel car on n'entre pas dans les canons médiatiques.

  6. D'accord, j'y vois plus clair maintenant … je vais lire tes liens pour avoir plus de détails, mais j'avoue avoir du mal à comprendre les mécanismes (cognitifs, psycho, inconscient je ne vois pas trop) qui font que l'image que te renvois ton mirroir n'est pas la bonne.

  7. Coucou, me voilà chez toi via K..
    Je n'ai rien lu encore de ton blog mais je réagis à cet article car moi, qui ai l'air aussi gaie, extravertie et tout et tout, je suis « nosophobique » limite hypocondriaque, peur de la maladie, enfin je te fais pas un cours tu dois connaitre…
    alors juste pour te dire que je compatis, parce que ces « maladies » de l'âme sont lourdes à porter, à gérer, quand tout le monde autour de toi finit par être un peu lassé de tes angoisses, ou tout au moins rassurant de façon mécanique…Il faut s'en démerder tout seul en fait, se raisonner, se parler à soi même et se supporter soi même aussi…
    Et sur mon blog point de moment de tristesse (je fais en sorte que ça ne se voit pas en tout cas!!) byebye

  8. Bonsoir Betty.
    Merci de ton message. Pourquoi j'ai parlé de la dysporphophobie, parce que tout simplement c'est un suejt sensible dont on ne parle pas assez et qui finalement touche beaucoup de personnes. Je suis quelqu'un d'excessivement gaie et j'ai appris à vivre avec mes défauts même si je les vois, et qu'ils m'obsédent j'arrive quelque peu à faire abstraction de tout ça… et cela fait surtout énormèment de bien d'en parler.
    Merci en tout cas! je vais aller faire un saut sur ton blog ;)

  9. A te lire, j'ai l'impression que la dysmorphophobie ne s'appuie que sur un défaut d'ordre imaginaire. La différence entre un complexe et la dysmorphophobie ne se situe pas là !! Le défaut peut-être vrai ou imaginé dans les deux cas. Simplement, quand on souffre de dysmorphophobie on perd toute lucidité quant aux conséquences -sur la vie en société- du-dit défaut. On est totalement irrationnel, on se coupe du monde etc. Elle est là la différence, juste dans la gestion du défaut, existant ou pas. Après, j'ai VRAIMENT du mal à croire qu'il existe une forme légère de cette maladie. J'ai toujours pensé qu'on l'était… ou pas. Enfin dans tous les cas, je te souhaite bien du courage ! Sincèrement.

  10. Je suis également dysmorphophobique ^^ Si le coeur t'en dis, passe sur mon blog. A ce sujet, je posterai bientôt un devoir que j'ai réalisé sur le sujet, si cela peut t'éclairer un peu… :) A très bientôt j'espère.

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