Le poids de la virginité…

Aujourd’hui j’ai décidé de parler d’un sujet quelque peu sensible, qui de plus, défraie la chronique depuis l’affaire de l’annulation de mariage à Lille, je veux biensur parler de la virginité des femmes avant le mariage.
Tout d’abord, petite analyse de la situation… Un homme avait demandé l’annulation de son mariage sur le motif que sa femme avait tu le fait qu’elle n’était plus vierge. Que selon lui, un mariage basé sur un mensonge n’est pas possible. Le juge lui avait donné raison en annulant le mariage. Le monde politique a réagi. La secrétaire d’Etat à la solidarité, Valérie Létard, a critiqué une « atteinte à l’intégrité » des femmes. Le Parti socialiste a jugé cette décision « atterrante » et Ni putes ni soumises a lancé une pétition dénonçant une « véritable fatwa contre la liberté des femmes ». (in Le Monde du 05/06/2008) Bon les juges trouvent bon d’ajouter que le jugement n’a pas été rendu compte tenu de la non virginité de la jeune femme, mais sur « Le libre consentement des époux », c’est-à-dire que le juge suppose que si le jeune homme avait été mis au courant par la jeune femme en question de sa non virginité, il n’aurait jamais pris la décision de l’épouser.
Ici, je me pose la question de savoir: Qu’elle est la valeur de la virginité? Pendant longtemps, enfant, je pensais que je resterai vierge jusqu’à mon mariage (mais là réside un paradoxe… car ce n’était pas du à mon éducation religieuse, et surtout je ne souhaitais pas me marier… depuis j’ai un peu changer…) et puis un jour j’ai laissé de côté ce principe. Cela fait-il de moi une mauvaise fille? Je ne pense pas. Pourquoi est-ce que la virginité d’un individu devrait avoir de l’importance dans un mariage? un mariage, n’est-ce pas l’union de deux personnes qui s’aiment? Alors pourquoi mettre sur le tapis un détail physique, lorsque l’amour n’est qu’un ensemble de sentiments!
Certes cette jeune femme a occulté le fait qu’elle n’était plus vierge, mais cela donne-t-il le droit à son mari d’annuler le mariage? Cela nous montre le peu de cas qu’il faisait de ses sentiments!
Aujourd’hui de nombreuses femmes, sous la pression de leur famille, communauté, religion, doivent rester vierges. Beaucoup y consentent. D’autres non. Et pour éviter l’opprobe, se font reconstruire l’Hymmen. Cette opération de chirurgie locale est en augmentation en France. Serait-ce le retour à un obscurantisme d’un autre âge?
Nos mères ont brûlé leur soutient-gorge! Et nous… nous nous refaisons faire un hymmen pour ne pas blesser la virilité d’un homme, qui soit dit en passant, n’est certainement pas vierge de son côté? La peur des traditions, des familles, du rejet… c’est tout ce que j’exècre dans cette société! Pourquoi avoir peur de ce qui nous construit? Certes, je suis blanche, instruite, d’éducation catholique (même si je me proclame athée) et que j’ai toujours eu la chance de pouvoir faire ce que je veux. Il m’est aisé de juger. Mais je ne peux pas m’empêcher de ne pas réagir à cet évènement que je trouve dangereux.
Voici un extrait de l’article du Monde du 05/06/08:
Au XIXe siècle, une telle affaire eût été inimaginable. Non parce que la virginité était insignifiante, mais parce que le mariage était une institution indissoluble. « Le voeu de la perpétuité dans le mariage étant le voeu même de la nature, il faut que les lois opposent un frein salutaire aux passions », proclamait en 1801 l’artisan du code civil Napoléon, Jean-Etienne-Marie Portalis. Le mariage était alors considéré « non comme l’union de deux individus, mais comme la source unique de la famille », résume la sociologue du droit Irène Théry dans Le Démariage (éd. Odile Jacob, 1996). Institué par la Révolution, le divorce fut d’ailleurs supprimé en 1816 « dans l’intérêt de la religion, des moeurs, de la monarchie et des familles ». Les annulations étaient alors rarissimes : elles ne pouvaient intervenir qu’en cas d’erreur sur l’identité de la personne.

Après la seconde guerre mondiale, la donne change : la libération des moeurs, les progrès de l’individualisation et l’émancipation des femmes minent le principe même de l’indissolubilité du mariage. En 1975, le législateur tire les conclusions de cette petite révolution en instaurant le divorce par consentement mutuel. « La société reconnaît qu’il appartient désormais au couple lui-même de décider de sa réussite ou de son échec », constate Irène Théry dans Couple, filiation et parenté aujourd’hui (éd. Odile Jacob, 1998). Pour marquer l’attention que la société porte au libre consentement des époux, les causes de nullité sont élargies : en cas d’erreur « dans la personne », mais aussi « sur les qualités essentielles de la personne », le mariage est annulé. Le consentement des époux, qui est l’un des piliers du mariage, doit être libre et éclairé.
A l’époque, le législateur se garde bien de définir avec précision une liste de « qualités essentielles » : il confie cette tâche aux juges, qui construisent au fil des ans une jurisprudence hésitante. Un mariage est ainsi annulé en 1989, à Vesoul, parce que l’épouse ignorait que son mari était sous curatelle, un autre en 1982, à Paris, parce qu’une femme ne savait pas que son mari était impuissant. A chaque fois, les juges constatent que l’un des époux a consenti à l’union en méconnaissant une part de la vie ou de la santé de son conjoint : c’est le cas à Paris, où le tribunal annule, en 2001, un mariage parce que l’époux découvre que sa femme s’est prostituée, ou à Dinan, en 2006, où une épouse apprend après la cérémonie la séropositivité de son mari. Ces annulations ne sont pas prononcées au nom du respect des bonnes moeurs mais de la liberté du consentement.
Aujourd’hui nos législateurs réfléchissent sur le fait de réformer l’article 180 du code civil sur la nullité du mariage… cela semble vain et bien compliqué, puisque jamais personne ne sera satisfait!
Pour finir je voulais ajouter que la virginité d’une jeune femme, n’indique pas la pureté de sa personnalité, ni ne prouve qu’elle vaut mieux qu’une autre… parce que dans ce cas là… beaucoup de femmes ne vaudraient rien! Je n’ai rien contre les femmes qui conservent leur virginité… Je m’insurge juste contre les gens (et en général, principalement des hommes) qui placent la virginité comme LA qualité d’une femme!
Voilà mon coup de gueule est terminé… j’espère que mon monologue a été clair… et cela fait du bien de s’exprimer sur un sujet de société, qui touche tout le monde!

2 réflexions sur “Le poids de la virginité…

  1. On avait bien dit pourtant : » faites l'amour et pas la guerre!! »
    mais dans une société ou les règles sont faites pour et par les hommes …

  2. cher anonyme, tu pointes du curseur une chose importante… on condamne ici une femme pour sa « non-virginité » et ceux qui la jugent sont… des hommes… (en majorité des hommes)!
    aaahhh… qu'est-ce que j'aimerai vivre dans une société menée, dirigée, faite par des femmes…

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